Scary Movie 6 : un film woke ou anti-woke ?
Depuis la sortie de la bande-annonce de Scary Movie 6 en mars 2026, un débat virulent agite les réseaux sociaux. Le film, réalisé par les frères Wayans et porté par Marlon Wayans, revient aux racines de la franchise : un humour vulgaire, irrévérencieux et sans filtre. Mais une scène en particulier a cristallisé les tensions : celle où, pendant une agression au couteau, une victime corrige que c’est « iel » et non « elle ». Une blague absurde qui moque la priorité donnée aux pronoms même dans une situation de vie ou de mort.
Pour une partie du public, surtout la Gen Z et les médias progressistes, cette plaisanterie est « datée », « transphobe » et « paresseuse ». Ils y voient un retour en arrière, un humour « conservateur » qui cible la communauté LGBTQ+. Certains appellent même au boycott. Pourtant, d’autres, y compris certains membres de la communauté trans, défendent la blague : elle ne nie pas l’identité de la personne, elle ridiculise simplement l’absurdité de la situation. Pour savoir où le voir en streaming, lisez ceci.
Le contexte familial de Marlon Wayans complique encore le débat. L’acteur a un fils transgenre, Kai (anciennement Amai), qui utilise les pronoms they/them. Marlon a publiquement raconté son propre parcours, passant du déni à une acceptation totale et inconditionnelle. Il défend son enfant contre les attaques et parle d’amour paternel sans faille. Pour certains commentateurs woke, cela prouve que le film est en réalité « pro-trans » et que la blague serait « de l’intérieur », voire normalisante.

Marlon Wayans assume pourtant une ligne claire : « Nous allons nous moquer de tout le monde, nous sommes des offenseurs à chances égales. Il faut annuler la cancel culture et revenir à la comédie d’avant. » Le film cible les reboots forcés, la sensibilité excessive, les influenceurs et les excès de la culture actuelle, sans épargner personne.
Ce débat révèle surtout la fracture culturelle actuelle. D’un côté, ceux qui veulent une comédie libre et satirique capable de rire de tout. De l’autre, ceux qui considèrent que certains sujets (comme les pronoms) doivent être protégés de l’humour. Le fait que Marlon Wayans puisse aimer son fils tout en faisant une blague sur les excès identitaires montre que les deux ne sont pas incompatibles. Si vous avez des questions sur la fin, lisez ceci.
Au final, Scary Movie 6 n’est pas un film woke. Il assume pleinement son esprit old school et troll les nouvelles orthodoxies. Les tentatives de récupération (« en fait c’est un film woke, vous n’avez rien compris ») relèvent davantage du copium que de l’analyse honnête. Le public tranchera en salle : l’humour sans limites a-t-il encore sa place en 2026 ?


