You Can See Everything : le documentaire de Nathan Fielder sur Elizabeth Holmes devient un phénomène au box-office américain
Personne ne l’attendait à ce niveau. You Can See Everything, le documentaire coréalisé par Nathan Fielder et Lance Oppenheim et distribué par A24, s’impose comme l’un des succès les plus inattendus de l’automne au box-office américain. Le film suit Elizabeth Holmes, la fondatrice de Theranos condamnée pour fraude, durant les dernières semaines avant son entrée en prison, avec Nathan Fielder installé dans la maison qu’elle loue avec son compagnon. Dévoilé lors d’une projection surprise au festival de Telluride le 6 septembre, ce film de 2 h 54 est sorti en salles aux États-Unis le 16 octobre. Porté par un bouche-à-oreille exceptionnel, il bat déjà plusieurs records pour un documentaire. Pour comprendre ce qui se joue à l’écran, notre explication de la fin de You Can See Everything revient sur ses dernières scènes, et notre portrait détaille qui est Elizabeth Holmes.

Les chiffres d’un succès historique pour un documentaire
Doté d’un budget estimé à environ 7 millions de dollars, le documentaire A24 a démarré avec 15,6 millions de dollars dans 855 salles, à la deuxième place derrière Street Fighter, en tête du box-office US ce week-end-là. C’est le deuxième meilleur démarrage de l’histoire pour un documentaire en Amérique du Nord, derrière Fahrenheit 9/11 de Michael Moore et ses 23,9 millions de dollars en 2004. Après plus de 2 000 séances complètes, A24 a étendu sa sortie à 2 655 salles pour le deuxième week-end.
Résultat : 19,5 millions de dollars, soit des recettes en hausse plutôt qu’en baisse, une performance rare. Le film a terminé deuxième, juste derrière Clayface, le film d’horreur DC. Selon Box Office Mojo, il atteint 53,3 millions de dollars en deux semaines d’exploitation. Il dépasse ainsi largement Melania, qui était jusque-là le documentaire le plus rentable de l’année avec 16,3 millions de dollars, et entre dans le top 5 des plus gros succès d’A24 sur le sol américain. Il se classe derrière Backrooms, Marty Supreme, Everything Everywhere All at Once et Civil War.
La dynamique ne semble pas s’essouffler. Pour le week-end d’Halloween, du 30 octobre au 1er novembre, A24 a ajouté 588 salles, portant le total à 3 243 cinémas, et les prévisionnistes annoncent une lutte serrée avec Clayface pour la première place. Le public est particulièrement jeune : 70 % des spectateurs du premier week-end avaient moins de 35 ans, avec une répartition de 55 % d’hommes et 45 % de femmes. Les critiques suivent, avec un score de 98 % sur Rotten Tomatoes. Plusieurs médias américains évoquent même une campagne d’A24 pour viser l’Oscar du meilleur film, une première pour un documentaire.
À l’international, la sortie se fait par étapes : le film arrivera le 20 novembre au Royaume-Uni et en Australie, tandis que Sony Pictures a acquis les droits pour plusieurs territoires, dont l’Allemagne, l’Amérique latine et la Corée du Sud. Ce succès tient aussi à la curiosité suscitée par le dispositif du film, qui brouille la frontière entre documentaire et mise en scène, une signature de Nathan Fielder. Pour les spectateurs français, le point sur la sortie de You Can See Everything en France reste à suivre de près.


