L’Aile ou la Cuisse : le film est-il inspiré d’une histoire vraie ?
Près de cinquante ans après sa sortie, L’Aile ou la Cuisse fait son grand retour dans le Top 10 des films Netflix en France. Réalisée par Claude Zidi et sortie le 27 octobre 1976, cette comédie culte réunit pour la seule fois Louis de Funès et Coluche. De Funès y incarne Charles Duchemin, le redouté directeur d’un célèbre guide gastronomique, qui sillonne la France incognito pour noter les restaurants. Il part en guerre contre Jacques Tricatel, joué par Julien Guiomar, un industriel qui inonde le pays de nourriture chimique et de restaurants d’autoroute.
À ses côtés, son fils Gérard, incarné par Coluche, doit lui succéder à la tête du guide, mais rêve en secret de faire carrière… dans le cirque. Claude Gensac, Ann Zacharias et Raymond Bussières complètent la distribution, sur une musique de Vladimir Cosma. Avec environ 5,8 millions d’entrées, le film a été le deuxième plus gros succès de l’année 1976 en France, juste derrière Les Dents de la mer. Il marquait aussi le grand retour de Louis de Funès après deux infarctus. Le combat entre la grande cuisine française et la malbouffe industrielle parle encore à tout le monde. Mais Tricatel et Duchemin ont-ils existé ?
L’Aile ou la Cuisse est-il inspiré d’une histoire vraie ?
Non, L’Aile ou la Cuisse n’est pas une histoire vraie, mais ses deux personnages principaux s’inspirent bien de la réalité. Le film est une comédie satirique sur la France des années 1970, qui voit arriver la restauration rapide et les plats industriels. Jacques Tricatel est librement inspiré de Jacques Borel, l’industriel surnommé le « Napoléon de la restauration rapide ». Dans les années 1970, il incarnait la nourriture industrielle en France, notamment avec ses restaurants d’autoroute. Le nom « Tricatel » mélange d’ailleurs Borel et Ducatel, du nom de Louis Ducatel, un candidat excentrique à l’élection présidentielle de 1974.
Clin d’œil savoureux : une aire d’autoroute de Nemours, ancien site du groupe Borel, apparaît même dans le film ! Le nom de Jacques Borel était devenu tellement synonyme de repas médiocres que son entreprise a fini par changer de nom en 1983. De son côté, le guide Duchemin est une parodie du célèbre guide Michelin, avec ses inspecteurs anonymes qui sillonnent la France pour noter les restaurants. Le film tourne cette pratique en dérision à travers les nombreux déguisements que Louis de Funès enfile pour passer incognito dans les restaurants. Pour être crédible derrière les fourneaux, l’acteur a été formé par le grand chef Raymond Oliver, qui a même doublé ses mains dans les gros plans de cuisine.

Le film dénonce donc une tendance bien réelle, avec un regard étonnamment moderne sur la malbouffe et les additifs. Le monde de la gastronomie et de ses guides continue d’ailleurs d’inspirer le cinéma et les séries, de Bon Appétit, Your Majesty aux portraits de chefs comme Gordon Ramsay. Côté comédie française, le flambeau a été repris par des films comme Cocorico, qui jouent eux aussi sur les traditions et les travers bien de chez nous. Et si vous voulez savoir où a été tourné le film, l’usine Tricatel se trouvait dans une ancienne usine Pernod de Créteil. Le film fait partie des classiques à (re)voir en ce moment, aux côtés des nouveautés Netflix de novembre 2026. Non, L’Aile ou la Cuisse n’est pas une histoire vraie !


