Découvrez si L’Affaire Marie-Claire est basé sur des faits réels !
L’Affaire Marie-Claire, réalisé par Lauriane Escaffre et Yvo Muller, arrive au cinéma le 4 novembre 2026, distribué par Gaumont. Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes en mai dernier, ce drame judiciaire de 1h42 nous ramène en novembre 1972, au tribunal de Bobigny, pour un procès qui a secoué la France entière.
Marie-Claire Chevalier (Saül Benchetrit), 16 ans, est poursuivie pour avoir avorté illégalement. À la barre, sa mère Michèle (Cécile de France) et les femmes qui l’ont aidée. Leur avocate, Gisèle Halimi (Charlotte Gainsbourg), leur fait une demande folle : ne pas plaider coupable. Grégory Gadebois incarne Claude Faux, le mari de l’avocate, et Sarah Suco, Florence Loiret-Caille ou encore Marianne Basler (Simone de Beauvoir) complètent la distribution.
Sous ses airs de thriller judiciaire, le film raconte un moment clé de l’histoire des droits des femmes en France. Pour savoir où a été tourné le film, lisez ceci. Mais alors L’Affaire Marie-Claire est-il inspiré d’une histoire vraie ?
L’Affaire Marie-Claire est-il inspiré d’une histoire vraie ?
Oui, L’Affaire Marie-Claire est tiré d’une histoire vraie : le célèbre procès de Bobigny de 1972. Marie-Claire Chevalier, Michèle Chevalier, Gisèle Halimi, mais aussi Simone de Beauvoir, le prix Nobel Jacques Monod ou le professeur Paul Milliez ont tous réellement existé.
En 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte après avoir été violée par un garçon de son lycée. Sa mère, Michèle, employée de la RATP qui élève seule ses trois filles, l’aide à avorter clandestinement avec l’aide de collègues. Quelques mois plus tard, le violeur, arrêté pour une autre affaire, dénonce Marie-Claire à la police. L’avortement étant alors un délit, la jeune fille, sa mère et les femmes qui l’ont aidée sont poursuivies.

Que s’est-il passé au procès de Bobigny ?
Gisèle Halimi, avocate et cofondatrice de l’association Choisir avec Simone de Beauvoir, accepte de les défendre et transforme l’affaire en procès politique : plutôt que de demander la clémence, elle attaque la loi de 1920 elle-même. Marie-Claire est jugée en octobre 1972 par le tribunal pour enfants et relaxée. Le 8 novembre 1972, c’est au tour de sa mère et des autres femmes. Des personnalités viennent témoigner à la barre et les manifestations se multiplient devant le tribunal. Michèle Chevalier écope d’une simple amende avec sursis, et seule la femme ayant pratiqué l’avortement reçoit une peine de prison avec sursis.
Le retentissement est énorme : le procès de Bobigny ouvre la voie à la loi Veil de janvier 1975, qui dépénalise l’avortement en France. Gisèle Halimi est décédée en 2020, à 93 ans, et Marie-Claire Chevalier en 2022, à 66 ans. Le 8 mars 2024, la France est devenue le premier pays à inscrire la liberté de recourir à l’IVG dans sa Constitution.
Le film est-il fidèle à la réalité ?
En grande partie, oui. Le projet est né d’un article de la journaliste Annick Cojean. Les réalisateurs se sont appuyés sur la transcription sténographique du procès, publiée à l’époque par l’association Choisir malgré l’interdiction, et ont conservé l’essentiel de la plaidoirie de Gisèle Halimi, en la raccourcissant. Ils ont aussi échangé avec la fille de Marie-Claire, le fils de l’avocate et des militantes historiques de Choisir. Cécile de France s’est même inspirée d’archives vidéo pour son rôle.
La part de fiction concerne surtout la vie privée de Gisèle Halimi : son couple avec Claude Faux et sa relation compliquée avec sa mère. Certains personnages sont inventés, comme la secrétaire de l’avocate, jouée par Lauriane Escaffre elle-même. Les cinéastes assument aussi de montrer une Halimi « pas une sainte », dont la stratégie connaît des ratés. Pour savoir à partir de quel âge le voir, c’est ici. Et découvrez toutes les sorties ciné de novembre 2026.


