La prestation de Bad Bunny au Super Bowl LX, le 8 février 2026 au Levi’s Stadium, a duré environ 13 minutes et a été un medley ultra-dynamique, presque entièrement en espagnol, marquant l’histoire comme la première performance solo d’un artiste latin majoritairement en espagnol sur cette scène. C’était une célébration explosive de la culture porto-ricaine, du reggaetón et de l’identité latino-américaine, avec une production spectaculaire : le terrain transformé en un village porto-ricain (« La Casita », une petite maison rose typique, entourée d’une « marqueta » avec stands de nourriture, barbiers, vendeurs de rue, dominoes, coco fríos, et même des éléments comme des boxers ou un enfant endormi dans un fauteuil pour évoquer la vie quotidienne boricua).
Des danseurs en tenues traditionnelles (pava hats en paille pour les travailleurs des champs de canne à sucre) animaient tout, mélangeant chorégraphies intenses, perreo suggestif et vibes festives inclusives (représentation queer, couples same-sex dansant).
La performance a commencé par une ouverture cinématographique : Bad Bunny émerge d’un champ de canne à sucre (projection ou set réel), vêtu tout en blanc (chemise, cravate, pantalon, et le jersey custom « OCASIO 64 » au dos, hommage à son oncle ou à des racines familiales), tenant un ballon de foot. Il lance « Tití Me Preguntó » (de Un Verano Sin Ti), entouré de danseurs en mode rural porto-ricain, avec des instruments traditionnels (cuatro, güiro) fusionnés au beat reggaetón. C’était une entrée puissante, symbolisant les origines ouvrières et la fierté boricua.
Il enchaîne rapidement sur « Yo Perreo Sola » (de YHLQMDLG), avec une armée de danseurs, vibes queer et autonomes (la chanson parle d’une femme qui danse seule sans harcèlement), puis « Safaera » et « Party ». Il passe à « Voy a Llevarte Pa’ PR » et « EoO » (de son album Grammy-winning Debí Tirar Más Fotos), en dansant sur le toit de La Casita, remplie de cameos discrets : Jessica Alba, Karol G, Pedro Pascal, Cardi B (qui pop up tôt avec les danseurs), et d’autres stars en mode « party de quartier » (ils fêtent, dansent, comme des potes à une marquesina boricua).

Vient ensuite « Mónaco », puis la transition vers une vibe plus salsa : Lady Gaga surgit pour une version salsa de « Die With a Smile » (leur collab), avec le band Los Pleneros de la Cresta aux percussions traditionnelles. Ça mène directement à « BAILE INoLVIDABLE » (de Debí Tirar Más Fotos), où le mariage réel se déroule : le couple (invité par Bad Bunny après leur demande initiale) apparaît en blanc total (robe Hayley Paige dentelle pour elle, tuxedo blanc pour lui), vœux en espagnol par l’officiant Antonio Reyes, baiser passionné, Bad Bunny signe comme témoin, et ils coupent le gâteau multi-étages live pendant qu’il danse autour.
La suite accélère avec « NUEVAYoL », puis « LO QUE LE PASÓ A HAWAii » où Ricky Martin (l’autre icône porto-ricaine) rejoint pour un duo émouvant sur les injustices et l’identité. Bad Bunny grimpe ensuite sur un poteau électrique pendant « El Apagón » (critique directe des blackouts post-ouragan Maria et de la négligence US), avec des danseurs simulant des réparations désespérées, crépitements visuels, et un message caméra : « Tú vales más de lo que crees. Créeme » (tu vaux plus que tu ne le penses). Ça enchaîne sur « CAFé CON RON » pour une vibe plus roots et festive. Pour connaitre les conquetes de Bad Bunny, lisez ceci.
La fin est puissante : « DeBÍ TiRAR MáS FOToS » (DtMF, titre de l’album célébré), avec un clin d’œil touchant – une vidéo d’un enfant regardant Bad Bunny aux Grammys, puis Benito lui tend un Grammy (symbole de transmission aux jeunes). Il plante le ballon « Together, we are America » comme un touchdown, et un billboard géant s’allume : « The only thing more powerful than hate is love ». Il conclut par un « God bless America ! » inclusif, en espagnol et anglais, renforçant le message d’unité pan-américaine face aux divisions.
Des détails subtils que beaucoup ont loupés : le jersey « OCASIO 64 » porté au début (discret sous les lumières, visible surtout de dos), les hommages à Maria (pannes, colonialisme), l’inclusivité LGBTQ+ (moves drag dans Yo Perreo Sola, diversité des danseurs), les instruments pleneros traditionnels, et les cameos en arrière-plan (pas tous zoomés). Pas de scandale majeur (pas de Janet Jackson moment), mais des hanches et perreo jugés trop suggestifs par certains conservateurs. Globalement, c’était une fiesta familiale, high-energy, historique pour la représentation latina, et un manifeste culturel/politique doux-amer sur l’appartenance américaine.


