La production de K-dramas en chute : douze organisations appellent l’État coréen à l’aide

Derrière les succès mondiaux sur les plateformes, le secteur du K-drama tire la sonnette d’alarme. Le 4 novembre 2026, douze organisations de la télévision et des séries coréennes ont tenu une conférence de presse commune au Korea Press Center, à Séoul, pour avertir que la base de production des séries coréennes est menacée d’effondrement. Producteurs, réalisateurs, scénaristes, acteurs, techniciens et diffuseurs ont parlé d’une même voix, un fait rare dans une filière où les intérêts divergent souvent.

Leur message s’adresse au gouvernement et à l’Assemblée nationale, en pleine discussion du budget 2027. Le paradoxe est frappant : les fictions coréennes n’ont jamais été aussi visibles à l’international, comme le montre le record d’audience de Doctor X, mais le nombre de séries produites recule fortement. La profession demande un plan d’investissement de long terme pour éviter que la vague Hallyu ne s’essouffle faute de nouveaux projets.

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Chiffres, causes et revendications : ce que réclame la profession

Les chiffres avancés sont sévères. Selon l’association des producteurs de dramas, le nombre de séries coréennes produites a baissé d’environ 30 % en deux ans, à partir de 141 titres en 2022. Sur les trois grandes chaînes hertziennes, le nombre de dramas est passé de 91 en 2012 à 32 en 2023, et certaines ont supprimé leurs séries de semaine. Les organisations pointent la hausse des coûts de production, tirée par les standards des plateformes mondiales comme Netflix et Disney+, la baisse des capacités d’investissement des chaînes, qui ne peuvent plus compter sur la seule publicité, et la difficulté des producteurs à conserver les droits de propriété intellectuelle et les revenus dérivés de leurs œuvres, ce qui les prive de recettes pour financer de nouveaux projets.

Les plateformes restent pourtant des vitrines majeures, de la série Tantara avec Song Hye-kyo sur Netflix à The Remarried Empress sur Disney+. Les budgets publics, eux, reculent : la ligne audiovisuelle du ministère de la Culture passe de 91,8 à 87,3 milliards de wons en 2027, et celle de la commission des médias consacrée à la promotion des contenus de 16,8 à 12,4 milliards.

Les témoignages illustrent l’impact sur le terrain. Song Byung-jun, président de l’association des producteurs, estime que le moment n’est plus à célébrer les succès passés mais à préparer les dix prochaines années du drama coréen. La scénariste Park Hae-young, autrice de My Liberation Notes, a raconté que les assistants scénaristes avec qui elle a travaillé ne trouvent plus d’emploi, alors qu’elle parvenait auparavant à les placer sur d’autres projets. L’association des droits des artistes de la radiodiffusion signale aussi une baisse des sommes collectées, liée en partie au recul des tournages.

Concrètement, les signataires formulent trois demandes : faire du retour à un volume annuel stable de productions un objectif de politique nationale, y compris pour les séries à petit et moyen budget ; étudier un dispositif d’investissement d’environ 1 000 milliards de wons, porté par l’État avec les diffuseurs et les plateformes ; et traiter la crise comme une priorité lors de l’examen du budget 2027. En échange, ils s’engagent à rationaliser les coûts et à garantir des pratiques de production équitables. Les fans, eux, continuent de suivre les nouveautés comme The Blue Road sur Netflix ou GIFT avec Kim Woo-bin.

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